Histoire
août 15, 2026
L’ordre de Trump sur les catapultes à vapeur oppose préférence personnelle et ingénierie des porte‑avions
Trump affirme que les anciennes catapultes à vapeur sont moins chères et plus faciles à réparer, tandis que les inquiétudes de la Marine et de l’industrie soulignent des refontes coûteuses et de sérieux risques d’intégration pour un porte‑avions presque achevé.
La décision du président Donald Trump de remplacer les systèmes de lancement électromagnétiques modernes par des catapultes à vapeur sur un futur porte‑avions a transformé un choix de conception technique en test du jugement présidentiel.
Trump a ordonné au Pentagone d’élaborer un plan sous 60 jours pour retirer le système de lancement d’aéronefs électromagnétique et les monte-charges d’armes avancés de l’USS Doris Miller, un porte‑avions de la classe Ford déjà confronté à des retards. Sa justification est familière : les systèmes à vapeur, soutient‑il, sont plus simples, moins coûteux et plus faciles à réparer. Le cadrage conservateur présente la décision comme un simple retour à une technologie ancienne éprouvée plutôt que comme un recul face à l’innovation — « retour à un système plus ancien de lancement de jets depuis des porte‑avions. »1
Mais le récit libéral met l’accent sur le calendrier et le coût de l’ordre. La conception et la construction du porte‑avions sont déjà largement avancées, et General Atomics, qui construit le système électromagnétique, affirme que près de la moitié de son travail est achevée. L’entreprise a averti qu’un changement de cap à ce stade créerait des « risques importants en matière de coûts, de calendrier et d’intégration. »2 Selon des informations, les responsables de la Marine et de l’industrie ont résisté à la proposition, car le remplacement d’un système intégré à l’architecture du navire nécessiterait une refonte coûteuse.
L’argument de Trump repose en grande partie sur des anecdotes personnelles répétées, dont l’une dans laquelle un marin lui aurait dit que la vapeur pouvait être réparée avec « un marteau et un chalumeau », alors que les systèmes électriques nécessitaient des spécialistes. Cette assurance contraste fortement avec le sénateur Mark Kelly, ancien astronaute et pilote d’essai titulaire d’un master en ingénierie aéronautique, qui a déclaré qu’il ne conseillerait pas la Marine sur l’ingénierie de ses navires — et a accusé Trump d’être davantage fait pour « les salles de bal, les faillites et les conneries. »2
Les deux points de vue s’accordent sur le fait que la fiabilité des catapultes est cruciale. Ils divergent sur ce qui compte le plus : la préférence de Trump pour la simplicité mécanique ou les conséquences en termes de coûts, de calendrier et de technique d’imposer cette préférence à un porte‑avions conçu autour d’une technologie plus récente.