Histoire
Invalid Date
L’arc de Washington de Trump se dirige vers l’excavation, tandis que ses détracteurs dénoncent une appropriation monumentale du pouvoir
L’administration affirme qu’un arc doré de 76 mètres rendra hommage à l’histoire américaine et achèvera le paysage monumental de Washington. Ses opposants rétorquent qu’il ne bénéficie d’aucune autorisation du Congrès, menace les perspectives historiques et est précipité dans les procédures judiciaires et réglementaires.
L’administration Trump s’apprête à lancer les travaux d’un imposant monument à Washington, alors que son fondement juridique et son impact sur le paysage historique de la capitale restent contestés. L’excavation de l’arc de 76 mètres prévu devrait commencer dans les deux semaines, transformant une vision politique en projet concret avant que les tribunaux ne tranchent le litige central.
Le secrétaire à l’Intérieur Doug Burgum et les soutiens de l’administration présentent l’arc comme un monument national attendu depuis longtemps. La structure, prévue sur Columbia Island entre le Lincoln Memorial et le cimetière national d’Arlington, comporterait des ornements dorés, des statues et une terrasse d’observation. Burgum l’a qualifiée de « l’une des grandes œuvres de l’architecture américaine »1 et a soutenu que Washington était exceptionnellement dépourvue d’arc comparée aux autres grandes capitales.
Les détracteurs libéraux y voient quelque chose de très différent : un monument démesuré conçu pour ancrer l’empreinte personnelle du président Trump à Washington. Le représentant démocrate Don Beyer a déclaré que le projet était « loin d’être prêt pour le grand public »2, accusant l’administration de précipiter la construction avant un possible changement de majorité au Congrès. Ces critiques font écho à des objections plus larges concernant les modifications soutenues par Trump à la Maison-Blanche, au Kennedy Center et au bassin réfléchissant du Lincoln Memorial.
Le conflit le plus immédiat est juridique. Trois anciens combattants et un historien de l’architecture soutiennent qu’une autorisation du Congrès est nécessaire et fait défaut. Leur avocat, Nicolas Sansone, a déclaré que les travaux « ne peuvent et ne doivent pas se poursuivre à marche forcée »3 tant que la plainte reste pendante.
Les autorités de régulation n’ont pas rejeté le projet, mais elles n’ont pas non plus écarté les préoccupations. Le National Park Service soutient la logique historique du site tout en reconnaissant des effets défavorables sur les perspectives des monuments. La FAA examine encore les risques aéronautiques, et les instances de planification ont approuvé le projet à différents stades. En pratique, l’administration traite l’excavation comme un moyen de créer une dynamique ; ses opposants y voient une pression exercée sur les tribunaux pour qu’ils entérinent une décision qui n’a pas encore été pleinement tranchée.